Sy, l'eau et la roche
« Qu’est-ce que la peinture du paysage sans l’expression et le sentiment de la nature ? Rien, autant que rien… »
R. Heintz, 10/05/1907
(Liège,1883 - La Gleize, 1946)
Le peintre
Modeste-Jean LHOMME s'oriente d'abord vers la peinture décorative avant de se diriger vers celle du paysage. Il commence à s’implanter dans la région de Basse-Meuse avant de s’installer en Ardenne à La Gleize. Il représente principalement les vallées de la Lesse, de l'Aisne ou encore de la Semois. On lui reconnaît toutefois un enthousiasme particulier pour l’Amblève.
Les rochers complètent bien souvent ses scènes aquatiques.
Il étudie à l’Académie des Beaux-Arts de Liège. Dans cette même ville, en 1925-26, il participe aux expositions organisées à la galerie d'art du journal « La Meuse ». Richard HEINTZ le remarque alors. Pendant plus de trente ans, il expose également au Cercle des Beaux-arts. On verra aussi son travail remarqué à Bruxelles et Paris, notamment.
Les rochers de Sy
Pourquoi la plupart des peintres liégeois vouent-ils un véritable culte aux rochers de Sy, à tel point de les rendre essentiels au sein même de leur mouvement ?
Il faut d’abord souligner le rôle majeur du Maître de Sy, Richard Heintz . Il immortalise ces paysages et transforme Sy en une véritable source d’inspiration. Sa fusion avec la nature se ressent encore. Il ira jusqu’à s’installer au plus près de ces escarpements et y pousser son dernier souffle. Ce paysage obsède son esprit, ouvrant la voie à celle de ses successeurs.
Le point fort de ce site se trouve surtout dans sa géologie. Celle-ci conditionne à la fois la lumière et le relief. La Calestienne offre des parois calcaires qui se reflètent dans l'eau. Cela permet à nos peintres d’effectuer des jeux d'ombre et de lumière.
L’œuvre
Le blanc domine le paysage et confère à l’œuvre toute sa pureté. On ressent le silence de la neige. L’Ardenne bleue se voit ici magnifiée aussi bien dans les coteaux que dans leurs reflets sur la rivière. Le brun du rocher tranche et fait écho à une nature endormie.
En cette période de canicule, l’artiste nous invite au repos dans un environnement silencieux et pur.
Julien GOIJEN
