Le rocher du Sabot

Heintz Richard

Estimation : 12.500 €


Nous connaissons Richard Heintz comme l’artiste liégeois le plus exceptionnel de sa génération. Mais pourquoi a-t-il atteint ce statut ? Grâce à cette œuvre, nous pouvons répondre à cette question.
Après avoir passé son enfance à Liège, dès 1890, Richard Heintz découvre Sy. L’eau et le rocher se révèlent à lui. Il ressent ces éléments au plus profond. Il décide, le premier, d’aller vivre dans ce lieu parfaitement inconnu. Le hameau constitue la matière sans cesse reprise de ses œuvres. Les forêts, rivières, roches et autres collines deviennent ses amantes. Elles incarnent une forme d’obsession, font de lui un paysagiste pur.
Afin de saisir tout le génie du Maître, il faut se plonger dans le contexte de son arrivée. En effet, avant lui, l’Ardenne est le théâtre de peintres champêtres qui ne cherchent pas à en faire ressortir l’aspect brut et austère. Cette région s’avère à l’époque, en quelque sorte, un pays inexploré dans le domaine de l’art.
Les traits les plus sombres que ressent le peintre en son âme sont parfaitement retranscrits dans ses œuvres. Dès ses débuts, il est impressionniste dans l’instinct. Il tranche avec ses prédécesseurs et annonce une nouvelle ère, celle de l’expressionnisme. On peut parler de « création » nouvelle. De plus, on peut aussi le qualifier de coloriste, on lui doit l’image de l’Ardenne bleue souvent utilisée afin de créer une identité actuelle à notre territoire.
Lorsqu’il peint cette vue, se doutait-il que c’est en cet endroit précis, en mai 1929, que la mort le prendra ? Quand il plante son chevalet, une forme de transe l’habite. Ce rocher devient alors « l’ossature même des légendes et des eaux vives ».
L’artiste ouvre une nouvelle voie pour ses pairs. Il libère toute une génération de peintres de la sentimentalité. Peu après sa disparition, ses amis organisent aussi une grande rétrospective à Liège à la fin du printemps 1931. On décide d’apposer une plaque commémorative au lieu-dit « rocher du Sabot » afin de lui rendre hommage.
Vous voulez vous y rendre? En venant de la gare du petit village, traverser l’Ourthe grâce à la passerelle métallique, passer sous cette dernière et marcher quelques dizaines de mètres avant d’apercevoir la plaque le long du sentier, côté droit.
Une fois arrivé, vous pourrez peut-être songer à ceci : « Son véritable génie n’est-il pas d’avoir permis à toute une génération de peintres d’atteindre plus de fougue et de liberté ? »

Julien GOIJEN

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