Son amour de l’Ardenne a amené Jacques Goijen à promouvoir un courant pictural surtout post-impressionniste qui s’est développé dans la province de Liège à partir de 1880 et que, dès avant la Seconde Guerre mondiale, le critique Jules Bosmant a baptisé Ecole liégeoise du paysage.

Il ne s’agit pas d’une académie avec un programme structuré, mais plutôt d’une sensibilité qui recouvre diverses mouvances : liégeoise, verviétoise, spadoise, hutoise…, voire ardennaise ou campinoise, que nous découvrons aussi bien chez Richard Heintz*, le maître de Sy, que chez Albert Raty*, de Vresse-sur-Semois.

Jacques Goijen a collectionné les tableaux relevant de cette tendance et en a fait sa profession. Il n’a jamais cherché à cacher que c’était son gagne-pain. Il y a mis une telle passion qu’il a largement révélé « nos » peintres des années 1880-1950, non seulement en Wallonie, mais aussi en Flandre, en France, aux Etats-Unis, au Québec et en Extrême-Orient… Il est devenu l’expert reconnu de cette « école ». Son registre de commerce, il l’a pris en 1980, le jour même de la naissance de son fils, et c’est à Spa, à l’automne 1986 qu’il organise la première exposition de sa collection. Deux ans plus tard, Jacques Goijen réalisait une mémorable exposition au Casino et présentait simultanément l’Ecole liégoise du paysage à New York, sous l’égide de la Générale de Banque.

Ses expositions-ventes se succèdent alors à un rythme soutenu. Il revient régulièrement à Spa, notamment au Pouhon Pierre-le-Grand, pour de prestigieuses manifestations.

Le grand mérite de Jacques Goijen est assurément d’avoir mis en lumière des artistes de qualité qu’on redécouvre aujourd’hui au travers d’oeuvres restaurées, réencadrées, qui sans cela auraient continué à se couvrir de poussière dans des greniers où les caprices de la mode les ont souvent reléguées il y a plusieurs décennies. Beaucoup de ces tableaux n’étaient pas connus parce que, appartenant à des familles, ils n’avaient jamais été exposés en public.

« Je suis toujours émerveillé par la multitude de talents que l’on trouve chez nous, il y a de véritables perles qui se révèlent aujourd’hui », dit Jacques Goijen. Il faut aussi dire que l’ensemble des tableaux réunis par le collectionneur au fil des ans lui permet de réaliser des expositions à thème qui ne font que confirmer la richesse et la diversité de l’Ecole liégeoise du paysage.

Albert Moxhet


Confidence
« Que je sois au coin du feu, dans l’île d’Anticosti au Québec ou dans ma bergerie des Cévennes, c’est toujours l’Ardenne disparue qui me motive », confie Jacques Goijen, ce qui a fait dire qu’il était un romantique nostalgique du XIXe siècle vivant au XXIe.

Collectionner, écrire et chasser
En 1989, Jacques Goijen a publié son premier roman, « Chasses d’Ardennes ». Deux autres ont suivi, « Communions Ardennaises » et « Le Maître de céans », où l’art et la chasse jouent aussi un grand rôle. Dans ces trois activités – les tableaux, le roman et la chasse – nées de sa passion pour l’Ardenne, Jacques Goijen voit comme un héritage spirituel d’Adrien de Prémorel.
Sur le site de l'école liégeoise du paysage.
Le patrimoine pictural liégeois est important !
L'ardenne a inspiré un mouvement post-impressionniste, Richard Heintz en est le plus illustre représentant. Le dictionnaire des paysagistes liégeois rédigé par Jacques Goijen a fait la synthèse de cette production de tableaux de paysage.
Visionner l’interview de Jacques Goijen enregistrée par RTC Liège dans le cadre l'exposition de Visé
© 2010 L’école Liègeoise du Paysage - Jacques Goijen